22.06.2022

Comment le Covid-19 a inspiré l’accouchement 3.0 ?

par Magali Dieux

1. Une contrainte ? Oui. Une opportunité ? Aussi.

Après vérification des infos – à savoir que les pères ne pourraient pas assister à l’accouchement, les femmes porteraient le masque en salle de naissance, aucune visite en chambre -, action : proposer aux parents qui le souhaitaient un accompagnement en ligne sur « Comment gérer le stress de l’accouchement en période Covid-19 ». Rappelez-vous que les sages-femmes n’étaient pas du tout organisées pour faire leur préparation à la naissance autrement qu’en cabinet. Aujourd’hui, 3 ans après, l’interaction en ligne est devenue banale mais à l’époque, je ne la proposais qu’aux parents expat. Au programme, 4 webinaires : 1. Enceintes, Confiné.e.s et Zen, 2. Efficaces pendant les douleurs même masquée, 3. Accoucher avec le père, même à distance, 4. Retour à la maison avec un nourrisson et un (dé)confinement.

L’enjeu : optimiser la sérénité de la femme devant mettre au monde en milieu hostile tout en renforçant le père dans son rôle de coach à distance. Avec les CAF du Var et des Alpes Maritimes comme partenaires, 400 couples s’inscrivent.  La coach que je suis se transforme en Commandante d’une bande de GI invisibles et isolés, à la veille d’un assaut aussi tumultueux que tendre.

2. Pour quels besoins ?

Formule exp

Avec un Covid-19 mal cerné, des maternités mal équipée et des équipes de santé sur-sollicitées, il fallait entraîner les couples suivant la TAD. La TAD ? Théorie de l’autodétermination. Cette théorie est fondée sur le postulat que nous avons 3 besoins psychologiques innés : être compétents, être autonomes et entretenir des liens. Au plus ces besoins sont satisfaits, au plus nous nous sentons motivés, productifs et heureux. N’était-ce pas l’idéal pour des parents de nouveaux-nés, quel que soit l’environnement ?

3. S’entraîner, progresser, s’inventer…

Les parents ont testé en direct une dizaine d’outils, scrupuleusement choisis, sur la trentaine de la méthode « Naître enchantés par l’EVA (Expression Vocale Ajustée)  créée par mes soins. À la disposition des parents, la femme confinée avait des temps d’entraînements quotidiens, pour répondre concrètement aux besoins de la TAD :

  • Être compétents. Non pas dans le contrôle des évènements mais dans leur maîtrise. Cela nécessite une dynamique « ouverte ». Je veux dire par là, une dynamique qui répond à un enjeu de progression. Comme par exemple : savoir rester en lien avec le bébé, quelles que soient les conditions environnementales.
  • Être autonomes. Non pas comme un isolement du couple mais comme une responsabilité. Celle de donner la vie, ensemble, tout en restant disponible à la coopération avec les équipe de santé, si besoins.
  • Entretenir des liens. Avec soi et ceux qui nous entourent. Et aussi plus largement, avec la vie. Donner un sens à notre engagement qui porte la famille entière, la communauté, l’humanité.

Dans un contexte d’urgence et de contraintes sanitaires, la bande de GI a relevé le défi : 400 couples n’ont rien lâché dans leur détermination à regarder, s’adapter, s’engager différemment. Ils ont accepté de mobiliser, ensemble, leurs corps et leurs esprits jusqu’à leurs limites, dans un effort volontaire, pour la naissance d’un nouvel être humain sur la terre. Quelle expérience ! Précisément, les meilleurs moments d’une vie. Voilà ce que nous aura appris madame Pandémie.

Avec leur enfant, est né l’accouchement 3.0 : apprendre, créer, rendre le monde meilleur. Chapeau bas !

  • D. Pink, « La vérité sur ce qui nous motive », Ed. Champs, Clés, 2016
  • M. Csikszentmihalyi, « Vivre », Ed. Robert Laffont, 2004

Article rédigé par Magali Dieux pour Enjoy Family / Naître enchantés