Bienvenue à tous les futurs parents, 

mon nom est Magali Dieux. Ancienne sportive de haut niveau, femme de théâtre et coach professionnelle, j’ai accouché cinq fois en six ans. Tout comme un archer qui tire dans la nuit, j’ai traversé bien des inconnus, à califourchon sur la flèche de la vie. Avant de vous transmettre comment mettre au monde votre enfant dans la joie, laissez-moi vous raconter l’histoire singulière de Naître enchantés via mes 5 enfants (temps de lecture : 3').

 

Marius, la découverte

C’est à bord du fourgon d’un ami décorateur, coincé dans le périph parisien, qu’a lieu mon premier accouchement. Aïe ! La fille de mon compagnon, âgée de six ans est à mes côtés. J’ai peur de la traumatiser avec mes cris. Alors, j’improvise des sons et un sourire un peu crispée je l’avoue et… je découvre médusée que la naissance dans la joie peut être une réalité. On m’a menti. Point de souffrance. De l’intensité, oui. Mais point de souffrance. Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai accompagné la douleur, oublié le temps et apprivoisé l’angoisse. Et mon bébé a glissé. Mon périnée ? Intact. Et pourtant, on m’avait prédit une épisiotomie. Cette expérience extraordinaire est vite classée : - « Tu as eu de la chance » - « Oui. Sans doute. J’ai eu de la chance. N’empêche que j’ai enfanté seule avec mon compagnon, sans souffrance et que je me suis sentie… la reine du monde. »

 

Marius est parti. Aussi légèrement qu’il était venu. A l’âge de trois mois, mon fils ne se réveille pas de son sommeil. Je cherche à qui donner cette tonne de lait et d’amour maternel qui se heurte au vide silencieux de mon inutilité. Nous sommes en 2001 ; j’apprends que des enfants abandonnés, porteurs du sida, sont délaissés par les infirmières dans les hôpitaux. Je demande l’autorisation de pouvoir prendre dans mes bras ces nourrissons quelques heures tous les jours. Je n’aurais jamais de réponse. Seul mon médecin traitant comprend mon errance et le côté réparateur, sain, de ma démarche. Ma sage-femme trouve une mère qui veut bien me « prêter » son bébé pour que je le tienne dans mes bras de temps en temps. Je suis très touchée mais mon besoin est de me sentir utile pour un bébé et pas l’inverse. Je cherche une raison à la mort de mon fils, une raison qui ait du sens pour moi. Je suis encore très très loin de me douter que non seulement Marius va changer ma vie du tout au tout mais surtout enthousiasmer des centaines de parents.

 

 

Angèle, l’unité corps-esprit

 

A cinq mois de grossesse, Angèle n’est pas viable. Je suis anéantie. Avec Marius décédé quelques mois plus tôt de la mort subite du nourrisson, je me sens maudite, condamnée. A l’hôpital, on me fait avaler une première pilule pour stopper la grossesse, sensation très forte d’avaler de la cigüe. Au bout de trois jours, cette enfant qui devait s’éteindre, remue toujours. J’ai beau lui expliquer qu’il vaut mieux pour elle, qu’elle retourne d’où elle vient, elle résiste. Epuisée nerveusement, je demande à son père de lui parler. Est-ce cela qu’elle attendait ? Que j’attendais ? Toujours est-il que je la sens qui se calme et se laisse envahir par la torpeur qui la fait basculer de « l’autre côté ».

Pour ne pas sombrer dans le désespoir, lors de l’accouchement, je décide d’en faire une expérience unique : tester ce que j’ai mis en place pour l’enfantement de Marius, sur ce petit corps inerte. Toute la nuit, j’affine ma perception, vérifie l’impact de certaines vibrations, de la respiration ventrale, du rôle du mental sur la poussée et l’expulsion. Une seule idée m’envahit : accompagner, rassurer, inviter l’enfant au passage du col, au passage de la vie au néant. Une partie de moi sait bien que l’enfant dans mon ventre ne m’entend plus. Mais peu importe. Moi, j’entends encore. Mon cerveau entend. Au travers de cette enfant, c’est moi que j’accompagne, rassure, invite à accepter l’inacceptable. Je ne suis pas comme avec Marius : la reine du monde. Mais je suis la reine de mon histoire. J’ai du chagrin mais je suis paisible. Je fais ce que j’ai à faire. J’accompagne ce petit être quelque part. Même si ce quelque part n’a pas été le lieu tant attendu. Je sais que je ne tomberai pas en dépression. Je laisse mon corps se vider de larmes. Je suis vigilante à ne pas m’y complaire. Je guette autour et devant moi les plus petits appels souriants de la vie. Ouvrir. Ouvrir des portes. Pour ne pas mourir à mon tour.

Ce qui est sûr, c’est qu’Angèle m’a donné la plus belle leçon de parentalité : accompagner l’enfant avec tout mon amour, quel que soit le chemin… Cette leçon, je l’applique aujourd’hui, avec mes 3 adolescentes et je vis avec elles une magnifique complicité au quotidien.

 

 

Gaby, Zoé et Lula, l'accomplissement

 

Ce que m’a appris Gaby : Suivre son corps

 

Quand l’accouchement a commencé à devenir intense, j’ai senti la sage-femme derrière moi qui m’invitait à chanter des berceuses avec elle. Arrêt très net de tout mon corps. Ce n’est pas un rejet. Une certitude. La certitude que ce n’est pas cette musique-là, à ce moment-là que mon corps a besoin. Surtout ne pas lutter. Accepter l’ingérence pour retrouver au plus vite la communication entre mon corps et moi. Je lance des sons au hasard, comme des bouteilles à la mer. Eurêka ! Tout en continuant d’être l’écho sonore de mes sensations intérieures, j’observe encore l’impact des voyelles, des différentes fréquences harmoniques, l’impact de mon mental sur le corps, de mon corps sur le mental…

 

Ce que m’a appris Zoé : Se construire un environnement sécurisant

 

Je me sens prête à mettre au monde en conscience et à la maison - il y a douze ans, l’accouchement à la maison n’était pas diabolisé comme aujourd’hui -. Avec la beauté sonore de l’ouverture physique et psychique comme unique chimie. Le film témoin sera vu par 60 000 personnes en 3 mois. Je n’ai rien à ajouter à ce film, si ce n’est répondre aux 2 questions qui reviennent souvent :

----- « Pourquoi le père est-il absent ? ». Le père n’est pas absent. Il est hors champ caméra. Je sens sa présence proche. Son soutien. Il ne vibre pas. Il n’en a pas envie. Cela me va bien : après Marius, Angèle et Gaby, j’ai besoin de faire cette traversée en solitaire.

----- « Les médecins disent que cette approche diminue le temps de travail. Pourquoi alors, mettez-vous encore 12 heures pour accoucher de votre 4ème enfant ? ». La sage-femme représente pour moi la sécurité affective et médicale, indispensable à mon ouverture physique. En l’absence de la sage-femme, je fais patienter mon corps. Dès que je la sais dans les murs, les conditions de sécurité affective et médicale sont réunies, Gaby, Zoé et Lula viennent au monde en deux à trois heures.

 

Ce que m’a appris Lula : Se rappeler que rien n’est joué d’avance.

 

Cela fait quelques heures que l’accouchement a débuté. Je suis encore chez moi. La sage-femme qui est à mes côtés, vérifie le cœur du bébé. Il faiblit. Nous rejoignons rapidement l’hôpital. Mon col est ouvert à 4. Nous sommes encore bien loin d’une ouverture à 10. Philosophe, je m’attends à une césarienne. –« Le cœur du bébé est redevenu normal. On va se donner vingt minutes et voir ce qui se passe », m’annonce la sage-femme hospitalière. J’admire sa sagesse et sa détermination. Prenant ce sursis et la main de mon compagnon en plein vol, je plante mes pieds dans les étriers et mon regard droit devant. J’invoque mon paysage familier : la chaîne des Maures avec le rocher de Roquebrune. Avec mon compagnon, nous mettons toute notre énergie et notre cœur dans l’émission de sons fortissimo, larges sourires au vent. Vingt minutes après : l’enfant est là, serein. 

Ainsi se terminent mes pérégrinations maternelles.

Suite à dix ans de recherche avec des scientifiques et des médecins, je transmets un entraînement-coaching, spécial couple, sur la base d’outils comportementaux et cognitifs devant AUSSI être au service de l’imprévu et des actes techniques du monde médical. 

Car même si à chaque grossesse, j'ai pris un grand plaisir à expérimenter une nouvelle préparation à la naissance : l’haptonomie, le yoga, la sophro, Bonapace, dans l’eau…, aucune de ces préparations ne m’ont apprises comment me comporter face à l’imprévu, face à une intervention médicale non désirée mais pourtant non négociable, face à un regard mal interprété, une parole maladroite...

Comment intégrer le père quand, lui aussi, souhaite être concrètement acteur de la mise au monde de son enfant ?

Comment gérer la péridurale ?

Y a-t-il un moment optimal pour la demander ? Comment rester en lien avec mon enfant avec la péridurale ou en césarienne ?

Comment rester actrice de mon accouchement avec une césarienne programmée ou un déclenchement ?

Comment communiquer mes besoins, de façon à être entendue et respecter des équipes médicales et de soins ? Etc…

Et, plus la naissance est technique, plus les parents doivent affiner et maintenir une qualité relationnelle optimale avec l’enfant pour la sérénité de celui-ci et la leur.

 

Les 600 couples qui ont suivi cet entraînement sont enthousiastes. Les professionnels aussi. 

Serez-vous le prochain ?

https://naitreenchantes.com/futurs-parents/entrainements/